OpenAI a récemment annoncé la résolution de l'équation de Navier-Stokes, l'un des sept célèbres problèmes du Prix du Millénaire. Toutefois, ce succès retentissant est vivement contesté. La société est accusée d'avoir exploité, sans attribution, les travaux préliminaires des chercheurs Tristan Buckmaster (NYU) et Levent Alpöge (Anthropic). Malgré les démentis officiels d'OpenAI, l'affaire met en lumière les dérives potentielles quant au respect des contributions académiques par les géants de l'IA.
Au-delà de cette querelle scientifique, l'événement marque un point de bascule. La recherche en mathématiques, historiquement basée sur la collaboration ouverte, bascule vers une approche par force brute réservée aux entreprises richissimes. La résolution du problème a en effet nécessité le fonctionnement simultané de 10 000 agents IA pour un coût de plusieurs millions de dollars, une puissance de calcul inaccessible aux laboratoires universitaires traditionnels.
Cette mutation inquiète la communauté. Comme l'a souligné le mathématicien Terence Tao, la résolution opaque de théorèmes par des IA privées prive la recherche des errances et découvertes secondaires qui font progresser la discipline. À terme, cette suprématie algorithmique pose une question existentielle : quelle place reste-t-il pour les mathématiciens humains ?
Source : MIT Technology Review